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Ce qu’il fallait retenir du webinar du 24 mars sur l’étude CD²0 au sujet des Chief Digital & Data Officers.

Insights / Etude

ETUDE EUROPEENNE SUR LES CD²0s
Webinar du 24 mars – Ce qu’il fallait en retenir !
Les Chief Digital & Data Officers (CD²O) : qui sont-ils, que font-ils, où vont-ils ?

Téléchargez le rapport complet de l’étude

Webinar du 24 mars sur l’étude CD²0 – Ce qu’il fallait en retenir !

Les Chief Digital & Data Officers (CD²O) : qui sont-ils, que font-ils, où vont-ils ?

Depuis quelques années de nombreuses entreprises, notamment les grands groupes, ont enrichi leurs équipes en recrutant des profils experts, des Chief Digital Officers et des Chief Data Officers; pour prendre en charge et gérer les sujets liés à la transformation digitale et data. La forte progression de ce type de postes prouve que les sociétés ont pris la mesure des opportunités business que représente le numérique et que la transformation des organisations est en cours. C’est dans ce contexte qu’Artefact, société spécialisée dans le conseil en data transformation et marketing digital data-driven, et Kienbaum, leader dans le recrutement de dirigeants et dans le conseil en Ressources Humaines, se sont associés pour en savoir plus sur ces profils, sur les défis qu’ils doivent relever et leur potentiel d’évolution au sein des organisations.

 

500 profils LinkedIn de Chief Data Officer (CDaO) et Chief Digital Officer (CDiO), regroupés sous le terme CD²O, et ce dans plus de 20 secteurs différents, ont ainsi été analysés et une centaine d’entretiens menés à travers toute l’Europe.

Ce mercredi 24 mars 2020, Vincent LUCIANI, Co Founder & COO d’Artefact et Matthieu WATREMEZ, Co Founder EFT Executives (ex Head of Digital Practice Kienbaum), ont dévoilé les résultats du rapport lors d’un podcast vidéo. Et l’un des premiers enseignements qu’ils en ont tiré est que ces fonctions, dont la vocation initiale était d’être temporaire, s’inscrit désormais dans le long terme.

 

Dans notre précédente étude en 2017, à peine 50 % des acteurs des secteurs de l’industrie manufacturière ou des médias avaient nommé un CDO. En 2019, la nouvelle enquête montre que le taux est de 100 % pour le premier secteur et de plus de 90 % pour le second.

En 2017, 3 secteurs (automobile, aéronautique et FMCG*) étaient déjà à 100 %. Seul le secteur du luxe fait exception : moins de 75 % des acteurs ont nommé un leader digital, alors que tous les autres sont au-delà.

Tous les plus grands groupes ont également déjà pris les devants et avancent rapidement, lançant leurs propres “Data ou IA Factories”.

 

Des profils rares dont les attributions se diversifient

S’il fallait dresser le portrait-robot d’un CD²O en France, ce serait un homme (plus de 70 %), âgé d’environ 42 ans (moyenne à 42,3 ans) ayant une formation initiale d’ingénieur (42 % pour les CDiOs et 60 % pour les CDaOs) et une ancienneté de moins 3 ans dans son poste actuel (66 % des CD2Os).

En revanche, la parité n’est pas au rendez-vous pour ce type de profil. On compte 27,3 % de femmes parmi les CDiOs et 22,3 % parmi les CDaOs. Des chiffres qui ne sont pas étonnants lorsqu’on sait qu’en Europe en 2015, 57 % de l’ensemble des diplômés étaient des femmes, mais seulement 25 % ont obtenu un diplôme dans les filières du numérique**.

 

Si auparavant le poste était cantonné à des sujets liés au e-commerce ou au CRM, aujourd’hui les Chief Digital Officers sont en charge de sujets transversaux touchant à l’expérience client ou à la stratégie client.

Au-delà de leur formation dans le marketing digital en particulier et d’excellentes connaissances techniques, des compétences en pédagogie et optimisation des ressources humaines sont très recherchées. Ce sont des profils très spécifiques et donc rares, ce qui explique en partie le taux de turnover élevé et le fait que les entreprises françaises les chassent à l’extérieur de leur organisation. Sur les 6 pays étudiés, la France a le taux moyen de recrutement en externe le plus élevé (plus de 50 %) des CD²Os, suivi de près par les Pays-Bas. En comparaison, au Royaume-Uni ou en Allemagne, plus de 80 % des CDaOs ont pris leur poste suite à une mobilité interne. Le pourcentage est similaire pour les CDiO en Espagne. 

Des défis communs quelque soit le secteur

 S’il a fallu 160 ans pour passer de la locomotive à vapeur (1812) au TGV (1981) que nous connaissons aujourd’hui, désormais le temps nécessaire à l’évolution et adoption d’un nouveau produit est passé bien en dessous d’une génération. C’est aux CD²Os que revient le rôle de combler le décalage temporel entre la mise à disposition d’une innovation technologique et son adoption massive. Il est d’autant plus stratégique quand on sait que les organisations évoluent de façon linéaire, alors que les innovations technologiques, elles suivent une courbe exponentielle.  De fait, leur mission est de repousser les limites des organisations verticales et d’oeuvrer à supprimer les silos.

 

L’étude met en avant 4 défis majeurs auxquels les CD²Os doivent faire face au quotidien : 

  • Construire et asseoir leur légitimité,
  • Recruter eux-mêmes leur équipe d’experts (constituée de talents d’horizons divers),
  • Délivrer des cas d’usages et obtenir rapidement des résultats,
  • Gérer la coordination du travail avec les équipes du service informatique, à qui ils demandent généralement de transformer les systèmes existants.

De plus, même si certains défis sont directement liés à leur secteur d’activité, l’ensemble des interviewés a mentionné des sujets convergents, à savoir : la prévision de la demande, la participation à l’amélioration des processus logistiques, la rationalisation des dépenses marketing, l’amélioration de l’expérience client et la mise en œuvre de la gouvernance des données.

La data transformation au service de la vision de l’entreprise

Que les leaders du digital soient membres du ComEx, rattachés à un membre du Comité de Direction ou rattachés à un N-2 du CEO, la maturité des organisations quant à l’utilisation des données est encore un enjeu clé selon les CD²Os. En effet, ils n’attribuent que 3 étoiles sur 5 à leurs entreprises sur l’échelle de la maturité en transformation de la data. Les CD²Os doivent réfléchir aux raisons pour lesquelles ils veulent exploiter les données, car en effet sans une vision d’entreprise clairement énoncée, et l’importance d’un budget alloué à la création d’une véritable culture des données, ce traitement de la data ne peut avoir de légitimité ou de rôle à jouer.

De même, la mise en cohérence de tous les projets pour apporter une réponse à la vision de l’entreprise est l’un des enjeux identifiés par les CD²Os. Actuellement, ils déplorent la superposition de plusieurs projets sans réelle stratégie commune d’alignement avec les objectifs économiques de l’entreprise.

Il en découle alors un besoin de redéfinition et d’adaptation des modèles organisationnels des entreprises. Par exemple, le choix de la création d’un data hub centralisé, à savoir un espace de stockage des données en provenance de sources multiples afin d’en faciliter l’analyse, au niveau du groupe ou au niveau de chaque business unit dépend de cette culture et de la maturité digitale et data des employés.

En effet, lorsque les entreprises deviennent matures en terme de gestion des données, elles passent alors en modèle décentralisé par business unit.

 

Et force est de constater qu’en 2020, 50 % des organisations ne disposent pas des compétences suffisantes en matière d’intelligence artificielle (IA) et de culture de la data pour atteindre une valeur commerciale intéressante, alors que 72 % des dirigeants estiment que l’IA est un avantage commercial significatif.

C’est réalisable par exemple avec l’IA Factory, un framework opératoire agile, qui utilise des méthodologies itératives de lean AI. Elles permettent de délivrer de la valeur rapidement, en passant de l’idéation et la qualification des cas d’usage jusqu’à la phase industrialisation, tout en identifiant de nouvelles sources de revenus présentant un avantage concurrentiel. En revanche, l’étude rapporte que 90 % des cas d’usages pilotes ne sont actuellement pas encore parvenus à l’industrialisation. 

L’humain au coeur de la transformation de l’entreprise

L’étude met également en exergue que la transformation de l’entreprise passe forcément par l’évolution des modes de travail des collaborateurs. Dans cette perspective, les Directions Générales doivent être les premiers CD²Os. La porosité entre les équipes, notamment entre les CD²Os et la DSI, est indispensable pour faire avancer les projets de l’entreprise. 

La création de ce qu’on appelle les Feature Teams est l’un des challenges des CD²Os pour transformer le mode de fonctionnement de l’entreprise. Le concept développé en 2015 par Spotify, consiste à monter des petites équipes pluridisciplinaires composées de plusieurs ressources expertes, venant de différents services et travaillant sur l’un des projets transverses de l’organisation. Souvent composée d’un responsable de Business Unit, d’un ingénieur Machine Learning et d’un Data scientist, cette équipe a un objectif clairement défini appelés “golden KPI” et elle doit être dirigée par un responsable de produit (Product Owner). Les feature teams regroupant uniquement des profils techniques sont souvent vouées à l’échec car elles pâtissent d’un manque de recul sur l’expérience client, le parcours utilisateurs ou encore sur les enjeux business et les processus métiers. A l’inverse,  l’approche multi-compétences avec des équipes concentrées est une vraie clé du succès pour déployer des projets data avec efficience. 

 

 

En conclusion, les CD²Os sont véritablement au coeur de la réussite de la transformation digitale et data d’une entreprise. Les projets datas dont les CD2Os ont la charge doivent être traités comme n’importe quel projet d’entreprise avec un cycle de vie impliquant tous les services de l’organisation en question.

Une transformation efficace doit s’opérer sur trois niveaux :  au niveau de la vision, au niveau du modèle opératoire impliquant la mise en place de différents assets technologiques, et enfin au niveau de la capacité à conduire le changement afin de le distiller à travers toutes les strates de l’organisation.

Tous ces enseignements sont développés au sein de l’étude CD²O à télécharger.

 

* FMCG ou PCG : Produit de grande consommation

** Quelle place pour les femmes dans le numérique ?

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