L'IA a le potentiel d'améliorer les perspectives de croissance des entreprises, mais son déploiement au sein des organisations nécessite une solide expertise commerciale et technologique, ainsi que la mise en place d'une gouvernance dédiée data à l'IA.

Témoignages de trois experts du cabinet de conseil Artefact:
– Pascal Coggia (HEC 2009), Managing Partner, responsable du Royaume-Uni
– Alexandre Thion de la Chaume (HEC 2008), Managing Partner, responsable du secteur B2B
– Edouard de Mézerac (HEC 2006), Managing Partner, responsable des secteurs d'activité mondiaux

Basé à Paris, Artefact est un cabinet de conseil en transformation data de l'IA qui s'est imposé comme un leader mondial du secteur au cours des dix dernières années. Artefact une large gamme de services, allant de la stratégie à l'exploitation, en passant par le développement de solutions data d'IA. Artefact 1 500 collaborateurs répartis dans 22 pays et a enregistré une forte croissance de son chiffre d'affaires (+30 %) en 2023, qui s'est poursuivie au premier semestre 2024.

Artefact son 10e anniversaire. Il y a dix ans, on parlait rarement de l'IA. Étiez-vous des pionniers dans ce domaine ?

Edouard de Mézerac : Oui, nous avons été des pionniers. Le premier pari Artefactétait que l’explosion des data révolutionner le marketing. À l’époque, de grandes entreprises comme Samsung ou Carrefour disposaient d’énormes quantités de data clients, data ne parvenaient pas à les exploiter efficacement. Nous les avons aidées à collecter, structurer et analyser toutes ces data, leur permettant ainsi d’acquérir une compréhension approfondie de leurs consommateurs. Cette approche méthodique et notre étroite collaboration avec les équipes d’ingénieurs, data , data et les développeurs logiciels ont été la clé de notre succès, que nous avons ensuite reproduit dans tous les domaines d’activité, notamment les ventes, la fabrication, la chaîne d’approvisionnement, la R&D et les services d’assistance.

Alexandre Thion de la Chaume : Très tôt, nous avons mis en place des approches verticales, par secteur d’activité, afin de mieux répondre aux défis de nos clients. L’utilisation de l’IA dans les secteurs pharmaceutique, bancaire ou de la distribution revêt bien sûr des spécificités. Dans l’industrie, par exemple, l’IA peut servir à optimiser les achats, à mieux gérer les risques ou à mettre en place des plans de maintenance prédictive dans les usines. L’IA peut également être appliquée aux questions de logistique et d’approvisionnement.

Pascal Coggia : Il y a dix ans, data l’IA relevaient principalement du domaine des experts, avec l’émergence des Data numériques et Data . Aujourd’hui, l’IA est une préoccupation généralisée à l’échelle de toute l’entreprise. Son adoption par l’ensemble des collaborateurs est devenue cruciale pour rester compétitif. Les technologies d'IA générative, comme ChatGPT, ont rapidement gagné en popularité. Pour rester à la pointe, nous avons créé il y a research center ans un research center dédié à l'IA afin de faire le lien entre la recherche universitaire de pointe et les besoins des entreprises. Ce centre repose sur un partenariat entre de grandes universités et Artefact .

Qui sont vos clients, et qu'attendent-ils lorsqu'ils s'adressent à vous ?

Edouard de Mézerac : Artefact travaille Artefact avec des entreprises du classement Fortune 500 issues de tous les secteurs d’activité. Aujourd’hui, Artefact l’un des rares cabinets de conseil de ce secteur à avoir réussi son internationalisation. Nos clients opérant souvent à l’échelle mondiale, nous leur offrons à la fois une présence locale grâce à nos 27 bureaux répartis dans le monde entier et une compréhension culturelle unique. Notre intervention commence souvent par des missions d'acculturation et d'idéation, sous forme de hackathons et d'ateliers. Nous élaborons ensuite une data en matière d'IA et data adaptée aux besoins du client, puis nous mettons en œuvre des solutions concrètes à l'aide de modèles éprouvés, tels que notre AI Factory.

Alexandre Thion de la Chaume : Nous commençons par sensibiliser les comités de direction (Comex) au fait que data est une condition préalable à la réussite d'une stratégie d'IA. Une fois que des bases solides et une organisation adéquate sont en place, nous établissons des priorités et développons des cas d'utilisation avec chaque service en fonction de leur potentiel de création de valeur. Nous collaborons également avec les équipes informatiques de nos clients afin de formuler des recommandations indépendantes de toute technologie spécifique.

Pascal Coggia : Le cas de figure classique est celui d’une entreprise mise au défi par son conseil d’administration de mettre en œuvre une stratégie ambitieuse en matière d’IA. Mais au cours de l’année écoulée, la demande est également venue de la base, de la part d’employés qui utilisent ChatGPT chez eux et se demandent comment l’IA pourrait avoir un impact positif sur leur travail. La force Artefactréside dans sa maîtrise de la technologie et dans sa capacité à démystifier l’IA, à mobiliser les équipes et à mener à bien la transformation.

Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté dans votre travail avec vos clients ?

Edouard de Mézerac : Le principal défi réside dans data et la collecte data . Dans de nombreuses entreprises, data ne data pas facilement accessibles et reposent souvent sur des référentiels différents selon les pays ou les divisions. Bien que nos clients aient progressé dans ces domaines, ils ont encore besoin d’un accompagnement tant sur le plan technologique que sur celui de la gestion du changement, ainsi que data et d’une industrialisation des cas d’utilisation.

Alexandre Thion de la Chaume : Un autre défi consiste à aider nos clients à identifier les cas d'utilisation qui apporteront de la valeur ajoutée et auront un réel impact commercial à court et moyen terme. Cela nécessite une bonne compréhension du retour sur investissement et de savoir faire les bons choix en fonction des contraintes techniques, de la disponibilité et de la maturité de l'équipe. C'est notre riche expérience qui fait la différence.

Pascal Coggia : Un obstacle souvent sous-estimé est le facteur humain. Nous veillons à ce que les services opérationnels puissent collaborer avec les équipes data de l’IA, ainsi qu’avec les départements techniques et informatiques. Ce n’est pas tant la technologie qui pose problème que les changements organisationnels qu’elle implique. Faire appel à une entreprise externe peut grandement faciliter ces transitions. L’IA est avant tout une révolution portée par les personnes. Le lancement de Artefact of Data au besoin des entreprises de former leurs équipes à l’IA. L’école Artefactpropose plusieurs formats pour faciliter cette adoption, allant de plateformes d’apprentissage en ligne accessibles à tous à des sessions d’experts sur les dernières innovations technologiques. L’objectif est de démocratiser ces sujets.

L'IA est-elle vraiment la clé de la croissance des entreprises ?

Alexandre Thion de la Chaume : L'IA suscite de nombreuses attentes, mais il est important de comprendre qu'il s'agit d'un accélérateur, et non d'une baguette magique. L'intégration de l'IA dans un processus de transformation permet d'optimiser des fonctions telles que les ventes, le marketing, la chaîne d'approvisionnement et la R&D, améliorant ainsi considérablement l'efficacité opérationnelle. Cela nécessite toutefois une expertise, une transformation à long terme et une mise en œuvre réussie.

Édouard de Mézerac : Il y a deux extrêmes à éviter : le premier est de dire « L'IA, ce n'est pas pour moi », et le second est de croire que l'IA peut faire des miracles. Notre travail consiste à établir la bonne feuille de route pour nos clients.