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Face aux bouleversements de tous ordres, la banque privée joue sur ses valeurs pour garder le cap. Pour ses clients et pour relever ses propres défis, elle entend être présente. C'est tout l'enjeu du Forum de la Gestion Privée 2025.

C'est l'une des pierres angulaires de notre activité. La banque privée entretient avec ses clients une relation privilégiée, fondée sur le long terme et l'intuitu personae. Or, avec l'instabilité politique en France suite à la dissolution de l'Assemblée nationale en juin dernier, un environnement international pour le moins hostile compte tenu des tensions géopolitiques et, plus récemment, des conséquences de la guerre commerciale avec l'administration Trump, la banque privée est sous les feux de la rampe. A charge pour elle d'affirmer ses valeurs auprès de ses clients et de faire face à ses propres défis, fondés sur la transformation digitale, l'allocation ou l'ouverture à de nouvelles classes d'actifs comme les actifs privés, voire les cryptomonnaies... L'un des plus grands défis de la banque privée est sans doute de devoir tout faire en même temps. C'est dans ce contexte que se tient cette année le Forum de la Gestion Privée de L'Agefi, avec l'ambition de voir grand et d'embrasser le plus large éventail possible de problématiques.

En pratique, pour la deuxième année consécutive, le Forum s'est ouvert à l'écosystème en consacrant une matinée de débats aux acteurs de la wealthtech , et notamment aux enjeux de l'intelligence artificielle. Véritable clé de voûte du monde de la gestion privée, les family offices étaient également présents pour discuter de leur rôle dans le soutien à l'économie réelle et le financement de l'innovation. Il ne restait plus aux acteurs du monde de la banque privée qu'à échanger sur les différents thèmes. Et visiblement, ils n'ont pas manqué.

Retour sur les grandes tendances qui ont émergé au cours des douze derniers mois, dans un contexte marqué par de profonds bouleversements...

Soutenir les clients en temps de crise est payant.

Parmi les différents événements survenus depuis l'année dernière, le plus important pour les clients des banques privées reste la dissolution de l'Assemblée nationale française. Elle a d'abord suscité des craintes, puis des interrogations", se souvient Jean-Marc Ribes, président de la Banque Richelieu France. Il y a eu un regain d'intérêt pour l'assurance-vie luxembourgeoise et, à la banque, nous avons d'ailleurs enregistré un nombre plus élevé d'appels d'information. En revanche, nous n'avons pas eu de demandes de rendez-vous spécifiques, étant donné qu'en une journée, on entendait tout et n'importe quoi... La situation s'est ensuite progressivement stabilisée et il n'y a pas eu d'exode massif, ni même de mouvements remarquables. Les clients se sont mis en attente et ont fait preuve de maturité".

Proximité et conseils

Alain Hervé, président du directoire d'Arkéa Banque Privée, souligne l'identité territoriale et mutualiste de son établissement, filiale du Crédit Mutuel Arkéa. "Nous sommes très proches de nos fidèles clients régionaux, pour la plupart des chefs d'entreprise qui, malgré les incertitudes économiques et les crises récentes, ont su garder la tête froide. Il n'y a pas eu de volonté d'exil fiscal, notamment de la part de notre clientèle, essentiellement composée de clients fortunés et de chefs d'entreprise qui n'ont pas souhaité délocaliser leur outil de travail", explique-t-il. Pour autant, Alain Hervé souligne que les banquiers privés ont choisi d'adopter une stratégie proactive, en appelant leurs clients. "Cette approche personnalisée a permis de créer un climat de confiance et de limiter les décisions hâtives", ajoute-t-il.

"L'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis n'a pas été synonyme de craintes, mais plutôt d'opportunités, exposant nos clients à cette zone géographique jusqu'à fin 2024." Jean-Marc Ribes, président, Richelieu Bank France.

Pour sa part, Pierre Marin, cofondateur et directeur général de la banque privée RockFi, a noté que les clients fortunés ont effectivement manifesté un besoin accru de conseils patrimoniaux personnalisés. Mais en matière d'instabilité, Pierre Marin est allé plus loin que les crises politiques et internationales, en soulignant la complexité croissante du monde bancaire. On n'a jamais vu autant de fusions-acquisitions et autres opérations capitalistiques dans les grandes banques françaises", souligne-t-il. Les organisations bancaires deviennent de plus en plus lourdes et bureaucratiques. Les banquiers privés, et a fortiori leurs clients, ont du mal à s'y retrouver. À cela s'ajoute l'instabilité des portefeuilles de clients, qui changent tous les deux ou trois ans, et des systèmes informatiques...

La carte de sécurité

Il est vrai qu'il n'y a pas eu de panique ou de comportement extrême, comme la fuite des capitaux. Mais les réactions des clients ont néanmoins varié d'un établissement à l'autre. " L'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis n'a pas été synonyme de craintes, mais plutôt d'opportunités, puisque nous avons exposé nos clients à cette zone géographique jusqu'à fin 2024, confirme Jean-Marc Ribes. À l'inverse, les niveaux de valorisation, ainsi que certaines décisions politiques - notamment en matière de droits de douane - nous ont conduits début 2025 à arbitrer les États-Unis au profit de l'Europe, qui a depuis bien performé."

Alain Hervé, quant à lui, a constaté une évolution assez nette des allocations. "Nous avons assisté à une plus grande titrisation des actifs", rapporte-t-il. Cela s'est manifesté par un retour vers l'Europe après une exposition internationale, notamment aux États-Unis lors de l'élection de Donald Trump, mais aussi par une plus grande diversification. Il y a une raison à cela : "Les chefs d'entreprise, ayant consacré leur vie professionnelle à leur entreprise, veulent une gestion d'actifs très sécurisée. Pour répondre à ces attentes, nous avons fait appel aux équipes d'ingénierie patrimoniale de la banque pour les accompagner en matière fiscale, successorale et stratégique."

En termes d'allocation d'actifs, cette volonté de sécuriser les actifs et de bénéficier d'une gestion prudente a entraîné un fort regain d'intérêt pour les produits structurés à capital garanti. Il existe également des nuances d'une banque à l'autre. Chez Arkéa Banque Privée, outre l'assurance-vie luxembourgeoise et l'immobilier haut de gamme via des club deals, les actifs non cotés tels que la dette, les infrastructures et le private equity ont connu une demande accrue. "C'estune question de diversification face à la volatilité persistante des marchés", note Alain Hervé.

Chez RockFi, trois grandes tendances d'investissement ont également émergé. L'appétit pour les produits structurés, l'intérêt croissant pour l'assurance-vie luxembourgeoise et les fonds négociés en bourse (ETF), en particulier ceux qui investissent dans le secteur de la défense. Ces tendances ont été renforcées par une approche proactive de la part de nos banquiers privés", explique Pierre Marin. Ils n'ont pas attendu que les clients expriment leurs doutes pour les accompagner."

Matthieu Guignard, directeur des services et solutions du pôle Distribution & Wealth d'Amundi, rappelle les tendances de fond qui traversent la banque privée depuis le début de l'année 2024. Trois grandes tendances sont observées depuis plusieurs années et se sont accélérées au cours des douze derniers mois, note le gérant. Tout d'abord, l'évolution de la réglementation, notamment la Retail Investment Strategy et le Value for Money, qui impose d'évaluer la qualité des produits par rapport à leurs frais de gestion. Ensuite, l'accélération de la digitalisation de l'expérience client, tant en self-care qu'avec les conseillers. Cela nous permet de faire évoluer nos offres en industrialisant les processus, tout en maintenant un certain degré de personnalisation. Enfin, une troisième tendance concerne l'utilisation d'outils permettant une approche industrielle de la segmentation des clients en gestion conseillée et discrétionnaire : une gestion standardisée, souvent basée sur les ETF, accessible à partir de quelques milliers d'euros pour les segments les plus classiques, et une approche plus personnalisée des mandats pour les segments plus haut de gamme."

Les banques privées à l'écoute des chefs de famille.

Les temps ont changé. Les family offices séduisent de plus en plus les investisseurs individuels et illustrent à eux seuls un changement profond dans le secteur de la gestion de patrimoine. À la recherche d'un service complet et sur mesure, les clients privés sont aujourd'hui de plus en plus sélectifs et critiques à l'égard des professionnels qui travaillent avec eux. A cet égard, l'indépendance des family officers et multi-family officers est convaincante. Ceci est particulièrement vrai pour la tranche d'âge des 35-40 ans.

Si les codes évoluent, c'est avant tout parce qu'une partie de la génération précédente accordait une confiance quasi-totale aux institutions. Un nom connu pouvait rapidement faire pencher la balance pour certains, alors que la nouvelle génération s'avère plus informée. Surtout, leurs attentes évoluent vers plus de transparence dans la prise de décision, d'immédiateté dans les besoins d'information et d'engagement, notamment sur le plan humain. Dans ce contexte, comment les banques privées s'adaptent-elles ?

Enrichir l'expérience du client

Il ne s'agit pas d'opposer les acteurs entre eux, mais de comprendre comment les banques privées évoluent pour devenir des partenaires stratégiques des family officers. Il leur appartient de dépasser la simple posture de banquier. Longtemps critiquées pour leur focalisation sur les "produits maison", les banques privées élargissent aujourd'hui leur gamme de services. Pour certaines, l'architecture ouverte leur a permis d'élargir leur offre. La gestion passive, notamment par l'utilisation d'ETF au sein d'une allocation, est de plus en plus utilisée, alors qu'elle était généralement évitée pour les particuliers fortunés. Certains acteurs se différencient également en proposant des crypto-monnaies. En modulant leur offre de produits, les banques privées répondent également à un besoin de diversification.

Parallèlement, de plus en plus d'entreprises investissent massivement dans la numérisation de leur parcours client. Si la relation humaine reste au cœur de l'expérience client, de nombreuses étapes peuvent être automatisées, accélérant les processus et la rapidité de réponse entre le conseiller et le client. Il ne s'agit pas de déshumaniser la relation, mais de l'enrichir en permettant plus de réactivité et de fluidité, tout en conservant l'ADN du conseil personnalisé.

D'autre part, les clients sont de moins en moins fidèles, n'hésitant plus à multiplier les acteurs financiers impliqués, et à s'en aller s'ils ne sont pas satisfaits. C'est pourquoi une plus grande agilité, combinée à la proximité avec le client, semble indispensable. Ce qui fera la différence demain, ce ne sont pas les produits, mais la capacité à offrir une expérience client globale, fluide, humaine et ultra-personnalisée. Ce n'est qu'à cette condition que les banques privées continueront à jouer un rôle central dans la gestion de patrimoine.

L'IA fait son entrée dans la banque privée à petits pas.

Les banques privées ne seront pas les "early adopters" de l'intelligence artificielle (IA) ! "Nous observons et commençons à recevoir des fournisseurs de solutions", concède la majorité des panélistes de la table ronde dédiée au sujet. BNP Paribas Wealth Management se distingue clairement, puisqu'elle se penche sur le sujet depuis plusieurs années et a déployé plusieurs solutions répondant à différents cas d'usage. Une exception chez les conseillers privés, même s'ils semblent tous intéressés par les gains potentiels à réaliser.

Pour beaucoup, il s'agit surtout de gagner en productivité sur des tâches quotidiennes à faible valeur ajoutée (veille juridique, sectorielle, etc.), grâce à des agents d'IA jouant le rôle d'assistants virtuels. Mais BNP Paribas WM va plus loin avec des outils de génération de contenu et de traduction, comme les recommandations. Ses conseillers bénéficient également d'une aide à la préparation des rendez-vous clients.

"L'enjeu des modèles d'IA dans notre secteur est de pouvoir traiter des data non structurées, ce qui est très souvent le cas dans nos métiers, explique sa chief digital and data officer, Mariam Rassai. Les informations peuvent être recueillies oralement lors d'un rendez-vous téléphonique, par mail, et ne sont pas toutes représentées sous le même format." Joffrey Martinez, managing partner - global financial services lead chez Artefact, accompagne les entreprises financières dans leur transformation IA & data .

Il souligne que les entreprises financières utilisent l'IA pour viser trois grands types d'objectifs : une plus grande efficacité, la génération de revenus supplémentaires et la protection (fraude, AML, cyber...).

De nombreux obstacles

Mais si l'IA peine à s'imposer dans la banque privée et la gestion de fortune, c'est avant tout parce que l'offre n'est pas encore totalement convaincante. "Nous avons besoin d'outils spécifiques. Les solutions prêtes à l'emploi ne correspondent pas encore parfaitement à nos attentes, et construire un outil d'IA sur mesure coûte très cher", témoigne Lucas Mazet, responsable des outils et de la transformation digitale au sein du multi-family office Ivesta FO. Dans la foulée, il est important de comprendre que tous les établissements ne sont pas prêts à mobiliser des ressources internes pour développer leurs propres outils.

"Pour maîtriser les coûts informatiques, il faut donner aux équipes les moyens de prendre en charge une partie de la maintenance applicative de ces solutions", ajoute Joffrey Martinez. Il ajoute que la culture d'entreprise peut également constituer un obstacle majeur : "C'est très souvent le cas dans les grandes entreprises. Il faut s 'assurer que les employés ont vraiment besoin de la solution, pour éviter de faire des effortsinutiles.

Chez BNP Paribas WM, le déploiement d'outils adaptés à ses différents métiers a pris plusieurs années. "Nous développons nos cas d'usage avec les équipes d'utilisateurs, en passant par une phase de cadrage, de construction d'une bibliothèque de prompts (instructions données à un modèle d'IA pour générer une réponse, ndlr) et de tests qualitatifs et quantitatifs pour s'assurer que les résultats répondent à plusieurs standards de qualité", explique Mariam Rassai.

Former et convaincre les salariés : un défi pour les entreprises financières

Le coût financier et matériel est particulièrement élevé dans le secteur de la gestion privée, comme le souligne Alexandre Hezez, directeur de la gestion collective et stratège au sein du Groupe Richelieu : "Les processus de sécurité sont fondamentaux dans la finance. Le déploiement de nouveaux outils est souvent très lent et représente un coût plus ou moins important." Les risques de sécurité sont également mis en avant, notamment par Lucas Mazet, qui estime que "les solutions actuelles n'offrent pas de garanties suffisantes pour permettre une utilisation généralisée par les salariés". C'est d'ailleurs le principal point qui a poussé les entreprises de nos experts à restreindre fortement l'utilisation d'outils grand public comme ChatGPT en interne. Seule BNP Paribas WM a choisi d'utiliser la version entreprise de l'outil qui a lancé la démocratisation de l'IA.

Pression des clients

Si les conseillers privés peinent à trouver une offre totalement satisfaisante, ils savent que leurs clients attendent avec impatience d'adopter l'IA. Après avoir joué un peu avec les outils disponibles gratuitement, ils se rendent compte de leur intérêt dans d'autres domaines que celui des loisirs. "De plus en plus de clients, notamment internationaux, utilisent l'IA pour mieux comprendre leurs portefeuilles et les problématiques juridiques que nous abordons avec eux", confirme Alexandre Hezez. C'est un véritable enjeu pour nos métiers, car cela change profondément la nature de nos échanges."

"L'intelligence artificielle est devenue un sujet de comex, car il y a un véritable défi concurrentiel à relever pour en capturer la valeur."

JOFFREY MARTINEZ, managing partner , responsable mondial des services financiers chez Artefact

La pression des clients devrait continuer à s'accentuer à mesure que leurs banques quotidiennes adoptent l'IA. "Dans le secteur financier, les réseaux de détail sont plus avancés car leur volume permet de rentabiliser plus facilement le déploiement d'outils d'IA", explique Joffrey Martinez, qui dit néanmoins recevoir davantage de demandes de la part de gestionnaires d'actifs et de clients privés depuis le début de l'année. "L'IA est devenue un sujet de comex car il y a un véritable enjeu de compétitivité pour capter de la valeur", ajoute Joffrey Martinez.

Petit à petit, l'IA s'impose. Son adoption par les établissements bancaires privés semble vouée à se généraliser. Néanmoins, la question de l'utilisation réelle par les salariés peut se poser. Si les Français se sont familiarisés avec l'IA dans leur vie privée, ils ne sont pas encore passés à un usage plus professionnel. Les habitudes ayant la vie dure, l'enjeu pour les entreprises financières sera aussi de former et de convaincre les salariés de changer leur façon de travailler. ■

L'assurance-vie luxembourgeoise capitalise sur ses atouts.

Dans un environnement économique, social et financier en constante évolution, l'assurance-vie reste un pilier essentiel de la gestion du patrimoine. Qu'il s'agisse d'une enveloppe fiscale attractive, d'un placement à long terme, du financement d'un projet ou d'un outil de planification successorale, les raisons d'investir dans l'assurance-vie sont nombreuses. Si les encours investis dans l'enveloppe française n'ont jamais été aussi élevés qu'aujourd'hui - plus de 2 000 milliards d'euros - le secteur le doit notamment à une forte dynamique de l'épargne, mais aussi à la sophistication du véhicule, qui propose une gamme d'actifs de plus en plus large. Néanmoins, il n'est pas toujours en mesure de répondre à l'ensemble des besoins des particuliers les plus fortunés. Pour pallier ce manque, les Français les plus fortunés n'hésitent plus à diversifier leur patrimoine à l'étranger, et notamment au Luxembourg, où il existe une enveloppe du même nom.

Une offre complète

L'un des principaux avantages de l'assurance-vie luxembourgeoise est sans conteste sa flexibilité contractuelle. Elle permet de personnaliser le contrat en fonction des profils patrimoniaux parfois complexes des entrepreneurs, des expatriés et des familles recomposées. La possibilité de choisir parmi une large gamme d'instruments financiers, des plus sécurisés aux plus sophistiqués, permet d'adapter le contrat aux objectifs du client. L'enveloppe permet d'intégrer des titres non cotés, des fonds dédiés (FAS ou FID), des mandats de gestion personnalisés et des stratégies d'investissement alternatives, ce qui est rarement possible dans les contrats français classiques.

D'un point de vue juridique, la portabilité du contrat en cas de mobilité internationale est également un point clé : le contrat peut être adapté sans perte d'antériorité fiscale en fonction du lieu de résidence du client.

La protection des actifs est cruciale dans un contexte économique et géopolitique instable

L'assurance-vie luxembourgeoise offre également un univers d'investissement presque complet. Contrairement aux contrats français, elle donne accès à un plus grand nombre de classes d'actifs, dont le capital-investissement, les fonds spéculatifs, l'immobilier indirect et la dette privée. L'investissement permet également d'accéder à plusieurs devises, ce qui est inestimable pour la diversification géographique et la gestion du risque de change. Enfin, l'accès à une architecture ouverte permet de sélectionner librement les gestionnaires, sans être limité aux produits internes de la compagnie d'assurance. Cette capacité à construire un portefeuille véritablement personnalisé est un outil puissant dans un monde où les besoins en matière de gestion de patrimoine sont de plus en plus spécifiques.

Particulièrement précieuse dans un contexte économique et géopolitique instable, la protection des actifs est le troisième pilier de l'assurance-vie luxembourgeoise. La séparation stricte entre les actifs du client, ceux de l'assureur et ceux de la banque dépositaire offre un niveau de sécurité plus élevé que l'assurance-vie française, où les fonds sont davantage mutualisés et la hiérarchie des créanciers moins favorable aux épargnants fortunés.

Construire des allocations ou naviguer à vue.

À tout moment, l'allocation d'actifs peut être un casse-tête. L'une des principales raisons en est la présentation par Donald Trump, le 2 avril, des futurs droits de douane qui seront appliqués à tous les pays, beaucoup plus élevés que ce à quoi les investisseurs s'attendaient. Les marchés financiers mondiaux ont réagi par plusieurs séances de fortes baisses. Le lundi 7 avril, la Bourse de Shanghai a chuté de 7,34 %, sa pire séance depuis mars 2020, et celle de Shenzhen a plongé de 9,66 %, sa plus forte baisse depuis 1996. Les marchés boursiers asiatiques ont réagi plus fortement que les marchés américains et européens à l'escalade potentielle entre la Chine et les États-Unis.

Les produits non cotés en demande

Le moratoire récemment imposé à Washington en réponse à l'ampleur de la chute ne changera pas grand-chose à cette situation. La question est de savoir si ces événements ont déjà eu un impact sur les actions. Selon de nombreux gérants, la réponse est oui, d'autant plus que les actions restent la principale classe d'actifs dans les portefeuilles avec un très bon millésime 2024, notamment outre-Atlantique. Le S&P 500 a terminé l'année en hausse de 23,3 %, enregistrant ainsi une deuxième année consécutive de croissance supérieure à 20 %.

Les Sept Magnifiques de l'indice ont toutefois représenté plus de la moitié des gains. Sur la période, les performances en Europe ont été plus contrastées. L'indice allemand DAX a progressé de 18,8 %, tandis que le CAC40 a clôturé l'année dans le rouge, en baisse de 2,1 %.

Cela dit, avec la guerre commerciale qui se profile, l'Europe cherche à rattraper son retard et les investisseurs souhaitent accroître leur exposition à la région. Un secteur se distingue également : la défense. Les pays européens augmentent leurs dépenses, et la France entre dans le vif du sujet. Les investisseurs individuels peuvent y contribuer par le biais d'actions, mais aussi de placements non cotés.

D'année en année, ce secteur gagne en importance dans les allocations. Sous l'impulsion de la réglementation Eltif 2.0 et de la loi française sur l'industrie verte, l'offre est pléthorique. Les investisseurs particuliers sont à la recherche de diversification, et les marchés privés font partie de cette quête. La dette privée est l'une des sous-classes d'actifs les plus populaires, grâce à ses coupons et à sa durée moyenne d'investissement plus courte que celle du capital-investissement.

Les obligations remettent la gestion flexible au goût du jour.

Unanimité ! A la question de savoir si l'âge d'or de l'investissement obligataire était révolu, tous les gérants interrogés au Forum de la Gestion Privée ont répondu par la négative. Non sans quelques nuances, compte tenu de l'étendue de la classe d'actifs. L'histoire n'est pas la même pour les obligations souveraines, le crédit et le haut rendement. En effet, le marché a subi plusieurs chocs, d'abord la guerre commerciale avec l'administration Trump, puis, en mars, l'annonce du "bazooka allemand". Tout cela a généré de l'incertitude. La nouvelle politique économique de l'Allemagne a entraîné une pentification de la courbe", explique Thomas Samson, gérant high yield européen chez Muzinich & Co. "Et c'est sur la partie longue de la courbe des taux, avec de nombreuses émissions à venir, que l'impact a été le plus fort. Pour tirer le meilleur parti de la situation, nous avons dû nous concentrer sur les durées courtes.

Phénomène rare, le niveau actuel de dispersion masque des écarts très faibles pour certaines émissions, alors que d'autres sont nettement supérieurs à la moyenne. Thomas Samson, Gestionnaire européen des obligations à haut rendement chez Muzinich & Co.

"L'arrivée au pouvoir de Donald Trump est synonyme de retour de l'incertitude", confirme Benoit de Laval, gérant de portefeuille chez Axa Investment Managers. Dans un premier temps, cela s'est traduit par une forte hausse de la volatilité sur les taux d'intérêt, puis sur les spreads de crédit. Ce nouvel environnement devrait remettre à l'honneur la gestion active, et en particulier la gestion flexible, qui peut tirer parti de ces situations grâce à son agilité". Il est vrai que les gestionnaires d'actifs peuvent aussi compter sur la présence de facteurs de soutien importants, notamment un grand nombre de refinancements et très peu de nouvelles émissions. Il y a des échanges de maturité, avec des émissions 2026 reportées à 2030 par exemple, mais pas de nouvelles émissions, observe Thomas Samson,alors que nous constatons une forte demande et même une croissance continue.

Attention

Face aux menaces que fait peser sur l'Europe la politique économique de Donald Trump, les gérants constatent un spread moyen très faible par rapport aux emprunts d'État, mais aussi un niveau de dispersion très élevé. Phénomène rare,insiste Thomas Samson, le niveau de dispersion actuel masque des spreads très faibles pour certaines émissions et d'autres bien supérieurs à la moyenne. Ce constat reflète les incertitudes macroéconomiques et conduit les gérants à s'en tenir à une analyse bottom-up , privilégiant les entreprises "locales" les moins exposées au marché américain.

La période de turbulences actuelle incite également les gestionnaires d'actifs à distinguer clairement la question du rendement de celle de la valorisation. Comme l'expliqueEstelle Menard, Directeur des investissements chez LCL, "en matière de rendement, la période est incontestablement favorable, ce qui nous a conduits à augmenter notre sensibilité en Europe. Pour la valorisation, en revanche, nous avons dû jouer plus finement, en privilégiant des durations plus courtes et une sensibilité plus faible dans un premier temps. Nous avons augmenté la sensibilité de notre portefeuille au bon moment, tout en privilégiant la dette financière pendant un certain temps".

Rachid Medjaoui, directeur adjoint de la gestion d'actifs à Louvre Banque Privée, est encore plus précis. "Le bazooka allemand va irriguer la croissance de la zone euro au cours des quatre à cinq prochaines années. Cette reflation poussera les taux longs à 3 %. En France, nous devrions assister à une remontée des taux autour de 4 %. Nous sommes donc dans une période de rendements attractifs, même si tactiquement il faudra gérer les phases de changement de niveau pour limiter les risques de pertes, comme l'ont fait certains gérants en mars. Il va falloir gérer au plus près.

La Fed restera "data dependent" au fil des mois et, si elle baisse ses taux, nous en bénéficierons en termes de croissance économique". Estelle Menard, Directeur des investissements, LCL.

La question de l'introduction d'un peu plus de risque dans les portefeuilles pour un rendement plus élevé a également été abordée. Via la présence de titres à haut rendement. Ces derniers ont un faible taux de défaut - environ 3% - qui ne devrait pas augmenter, compte tenu des bonnes performances des entreprises. Après avoir rappelé que la prudence prévaut en banque privée, Rachid Medjaoui indique s'ouvrir plus significativement à cette classe d'actifs, où les équipes de gestion trouvent des entreprises avec de bons fondamentaux en absolu, et surtout en relatif par rapport aux gouvernements, qui vont devoir continuer à dégrader leurs équilibres financiers. "Dans la mesure où nous privilégions les durées courtes pour limiter les chocs d'incertitude, notamment le risque de récession aux Etats-Unis, les rendements sont très attractifs", précise le gérant de Louvre Banque Privée.

Pour sa part, Estelle Ménard a axé sa gestion sur la classe d'actifs investment grade , même si elle regrette d'avoir un peu délaissé le high yield . "Mais nous sommes particulièrement attentifs aux résultats des entreprises", explique-t-elle, surtout dans le contexte actuel. En effet, compte tenu du niveau des taux d'intérêt, l'équipe de gestion a saisi des opportunités en lançant des fonds datés combinant des titres "investment grade" et " high yield" .

Le rôle décisif des banques centrales

Le rôle des banques centrales, et de la BCE en particulier, reste à considérer. Rachid Medjaoui le souligne : "Les banques centrales sont dans une position plus favorable qu'en 2022-2023, après la baisse de l'inflation. Elles ont la possibilité de baisser leurs taux, et si nous connaissons une période de récession, des baisses de taux seront attendues." Les "bénéfices" du bazooka allemand ne se feront pas sentir avant 2026-2027, et d'ici là, compte tenu de la révision à la baisse de la croissance annuelle de la zone euro - à 0,9 % au lieu de 1 % - les taux devraient continuer à baisser, avec une pentification de la courbe. Quant à la Fed, note Estelle Menard,elle regardera davantage l'emploi et la croissance que l'inflation provoquée, entre autres, par les tarifs douaniers imposés par Donald Trump. Ils'agit d'un phénomène indépendant et transitoire. La Fed restera donc "data dependent" au fil des mois, et si elle baisse ses taux, nous en bénéficierons en termes de croissance économique." Dans tous les cas, un risque de stagflation sur le marché serait positif pour les obligations, contrairement aux actions. "Si nous passons d'une guerre commerciale à une guerre financière, alors la BCE peut faire preuve d'indépendance et aller plus loin que la Fed", conclut Rachid Medjaoui.

Patrimoine privé : effet de mode ou intérêt réel ?

Né il y a dix ans avec la loi Macron de 2015 et la possibilité d'inclure des stratégies non cotées dans l'assurance-vie, le mouvement de démocratisation du patrimoine privé se poursuit. Le phénomène s'est accentué au fil des changements législatifs, et de ce point de vue, 2024 a été une année charnière.

Au cours des premiers mois, le règlement Eltif 2.0 sur les fonds européens d'investissement à long terme a vu le jour. Ce règlement européen a créé une nouvelle structure pour les marchés privés. La nouvelle structure sera évolutive, ouverte et semi-liquide. Le format evergreen facilite la structuration et la commercialisation du véhicule, puisqu'il n'y a qu'un seul appel de fonds, contrairement aux fonds nourriciers qui fonctionnent généralement avec plusieurs appels de fonds. De plus, Eltif 2.0 abaisse l'investissement minimum dans ces fonds à 10 000 euros. Parallèlement, la loi française sur l'industrie verte impose désormais aux assureurs vie d'inclure les supports en unités de compte d'actifs non cotés(private equity et private debt) dans la gestion pilotée des contrats d'assurance vie et des plans d'épargne retraite (PER).

Risque de réputation

Ces deux initiatives ont suscité la volonté des gérants de structurer des produits dédiés au marché français. Toutes les sous-stratégies non cotées sont concernées. Il s'agit du private equity, du private debt et de l'infrastructure, à la fois en equity et en debt. Le format fonds de fonds est également demandé. Ces préoccupations sont partagées à la fois par les acteurs français et les grands fonds internationaux. Ces derniers y voient une opportunité de pénétrer le marché français. Ils utilisent le plus souvent la dette privée comme stratégie, à l'instar de Blackstone, Morgan Stanley Investment Management et Goldman Sachs.

Le principal point d'achoppement entre les gestionnaires de fonds et les distributeurs/assureurs est la liquidité. En cas de crise, et donc de retraits massifs, c'est l'assureur qui supportera in fine le risque. Des mécanismes ont été mis en place, tels qu'une période de détention de six mois et des fenêtres de sortie trimestrielles. En outre, les demandes de rachat peuvent être plafonnées selon différents critères : 5 % des parts en circulation demandées ou 25 % des actifs éligibles de l'OPCVM. Avec cet afflux d'offres, un risque de réputation est susceptible d'émerger. Les assureurs et les banques privées doivent donc redoubler d'efforts dans le processus de sélection de leurs clients finaux.

Les particuliers sont-ils encore attirés par le patrimoine privé ? La réponse est à nuancer, notamment en raison du climat d'incertitude actuel. Certains assureurs de la place font état d'une relative stabilité de leur collecte dans le patrimoine privé entre 2024 et 2023. Mais nul ne sait si 2025 sera un bon cru...

La GSE à la limite...

Enfin, la GSE sera-t-elle la grande perdante des besoins de financement croissants de l'industrie militaire ? Les partisans du verdissement de l'épargne le craignent. Bien avant la crise, provoquée notamment par l'invasion russe de l'Ukraine, la distribution des fonds verts, et en particulier ceux classés Article 9, a suivi un chemin de croix. Comme l'explique Lise Moret, directrice de la finance durable et de l'investissement à impact à la Banque Hottinguer : "Les conseillers financiers ne savent plus où donner de la tête avec les fonds Article 9, injustement associés à la transition énergétique, au détriment des autres fonds d'impact.

Fossé entre les générations

Si la recherche de performance a longtemps été le facteur dominant motivant les choix d'investissement, la prise en compte des intérêts écologiques est en train de changer la donne, notamment chez les jeunes clients. Comme le souligne Lise Moret, "un changement progressif se dessine, avec de nouvelles générations qui peuvent avoir des attentes différentes, non seulement en termes de performance, mais aussi en termes de composition des portefeuilles et de thématiques financées". Un prisme générationnel confirmé par Domitille Dufour, family officer et responsable des partenariats chez Altheo Partners : "Les enfants de nos clients, ainsi que nos clients plus jeunes, sont demandeurs d'un investissement plus responsable, avec un biais plus environnemental." Cependant, la conciliation de certains choix exprimés par cette clientèle peut s'avérer complexe, poursuit Lise Moret : "Ils peuvent exprimer des besoins clairs pour un investissement plus vert, tout en souhaitant investir dans des actifs alternatifs à haut rendement. Si nous ne parvenons pas à les accompagner et à les conseiller, il sera difficile d'attirer et même de fidéliser cette clientèle".

Les sociétés de gestion d'actifs multiplient les initiatives pour attirer l'investissement responsable

En tant qu'élément clé de l'écologisation de l'économie, les sociétés de gestion d'actifs redoublent d'efforts pour attirer les investissements responsables. "Nous excluons totalement les combustibles fossiles ou le charbon thermique de nos investissements dans nos indices ISR PAB, où les normes applicables stipulent un seuil de tolérance de 5 % d'investissements dans le charbon thermique", explique Jérémy Tubiana, responsable du développement commercial des solutions ETF et indicielles chez BNP Paribas AM Europe.

Les grands groupes ne sont pas en reste, comme le souligne Renaud Lions, directeur de la communication financière de Total Energies. L'exclusion n'est pas une solution, il y a de la place pour les "best-in-class" qui font des efforts pour la transition. Nous investissons 5 milliards d'euros par an dans la transition énergétique, nous prévoyons de réduire nos émissions de 40 % d'ici 2030 dans nos opérations, tout en nous développant dans l'électricité verte pour réduire la part du pétrole et du gaz dans notre mix énergétique", détaille-t-il. Pour autant, ces investissements n'ont pas eu d'impact sur le rendement servi aux actionnaires."

Se concentrer sur l'immobilier physique.

Refroidis par les déboires des fonds immobiliers depuis deux ans, les clients privés se sont tournés vers l'investissement direct pour continuer à trouver refuge dans la pierre. Cette classe d'actifs, autrefois bouclier protecteur contre les aléas des marchés financiers, est devenue plus complexe depuis que la hausse des taux d'intérêt a mis à mal les valorisations de certains segments.

Brutale et profonde, la correction a affolé les investisseurs et jeté l'opprobre sur les SCPI, SCI et autres OPCI. Les conseillers privés du panel immobilier partagent la même vision de fonds trop généralistes, victimes de leur succès. Noyés sous des afflux massifs d'argent, les gestionnaires de fonds sont accusés d'avoir dégradé la qualité de leurs investissements. Pourtant, avant la crise, les placements papier avaient encore leur place dans les allocations des clients privés. La stabilisation du marché pourrait-elle conduire à son retour dans les fonds immobiliers ? "Nous voyons progressivement émerger un certain nombre de facteurs essentiels à la reprise de la collecte. Les incertitudes sur les valorisations commencent à se dissiper et les transactions reprennent sur certains marchés. Cesont des éléments rassurants pour les investisseurs", déclare Xavier Cheval, directeur de l'immobilier de santé et de l'ESG chez Praemia Reim.

Prix réduits

En attendant que toutes les pièces du puzzle s'emboîtent parfaitement, les clients privés profitent des revers des gestionnaires d'actifspour se mettre en vente. "Les gestionnaires de fonds cherchent à vendre des actifs pour retrouver des liquidités, souvent à des prix réduits car il y a moins d'acheteurs de l'autre côté. Nous sommes en mesure de positionner nos clients sur des actifs de premier choix, tels que des bureaux dans le quartier central des affaires de Paris. Ces opportunités n'existaient pas du tout il y a trois ans", précise Benjamin Durand, managing partner du family office B. Durand Capital Partners. Durand Capital Partners. Et non seulement les clients fortunés ont moins de concurrence, mais ils peuvent payer comptant et devancer les acheteurs potentiels qui ne peuvent pas se permettre ce luxe.

Pour autant, si elle préfère une exposition directe à l'immobilier plutôt que via des fonds, elle cherche à limiter son risque en privilégiant le co-investissement, principalement via des clubs deals."Nos clients apprécient ce type d'opérations car elles leur permettent d'avoir une plus grande visibilité sur les actifs acquis et un plus grand pouvoir de décision sur leur investissement. Dans le contexte actuel, ils préfèrent avoir toutes les cartes en main, même si cela signifie moins de diversification et de liquidité", confirme Maxime Vermesse, Managing Director Meeschaert. Répondant aux mandats de leurs clients, les conseillers n'ont pas pour autant une approche dogmatique de la structuration des opérations. Benjamin Durand, qui dit sentir que "l'investissement dans les club deals est en hausse depuis deux ans", les positionne sur des actifs mono-locataires ou des opérations à valeur ajoutée d'une durée de deux à quatre ans, via un montage en dette ou en fonds propres . Le secteur hôtelier est privilégié par Maxime Vermesse et David Chapelle, directeur de la gestion de patrimoine de Norman K. Ce dernier est également positionné sur le résidentiel. Ce dernier est également positionné sur le secteur résidentiel et n'investit que "marginalement dans les bureaux et les commerces".

Le club deal doit rester un outil de niche, sous peine de voir la qualité des transactions se dégrader. BENJAMIN DURAND, managing partner du family office B. Durand Capital Partners

La popularité des clubs est telle que même les sociétés de gestion d'actifs s'y intéressent. Praemia Reim en a structuré un pour des clients institutionnels dans le secteur de la santé. Benjamin Durand met toutefois en garde : "Le club deal doit rester un outil de niche, sous peine de voir la qualité des transactions se dégrader. Il conseille également de prendre en compte tous les paramètres, au-delà de la qualité des actifs et du cadre juridique. "Il est essentiel de déterminer l'horizon de sortie, c'est-à-dire non seulement le moment de la sortie, mais aussi les acheteurs potentiels", insiste-t-il.

La dynamique des accords de club pourrait bientôt s'essouffler. La guerre commerciale internationale, qui commence et se termine au gré des annonces du président américain, commence à donner des sueurs froides aux investisseurs. "On ne rattrape pas un couteau qui tombe : si les craintes se confirment, il est fort probable que certains projets soient reportés jusqu'à ce que la situation soit clarifiée", confirme David Chapelle. Maxime Vermesse rappelle que "l'immobilier de rendement est historiquement moins exposé aux chocs économiques", mais reconnaît que le marché "ne pourrait pas rester totalement indemne en cas de guerre commerciale".