L'intelligence artificielle n'est plus seulement une promesse, mais une réalité qui redéfinit les contours du monde des affaires. Cependant, son intégration efficace au sein des organisations pose encore des défis majeurs. Lors d'un échange enrichissant avec François Bracq, responsable des partenariats d'innovation chez Google, Justine Nerce, PDG Artefact , a partagé son point de vue sur la manière d'aborder l'émergence des agents IA dans nos processus marketing, de communication et opérationnels. Son intervention a mis en lumière les conditions indispensables à une adoption réussie.
Une évolution constante : de la start-up au leader de l'IA
Justine Nerce a rejoint Artefact il y a Artefact ans, à une époque où l’entreprise comptait moins de 20 employés. À ses débuts, l’entreprise était fortement ancrée dans data , avec le déploiement de plateformes de gestion des données (DMP) et l’enrichissement des data clients. Elle a ensuite accompagné la transition vers cloud, étape essentielle pour explorer les premières applications de l’IA, notamment le scoring, la modélisation de propension et le clustering. Le défi majeur suivant a été l’industrialisation de l’IA. Passer de preuves de concept (POC) isolées à une valeur concrète a nécessité la mise en place de plateformes robustes et le développement du MLOps et du ML Engineering. Depuis trois ans, le principal obstacle n’est plus technologique, mais humain. Avec l’avènement de l’IA générative, la transformation des organisations pour adopter ces outils est devenue une priorité. Les agents IA marquent une nouvelle ère, promettant une création de valeur massive en agissant au cœur des processus métier.
Les défis actuels auxquels est confronté un PDG face à la transformation par l'IA
En tant que PDG Artefact , Justine Nerce identifie deux défis majeurs : la transformation interne liée à l'IA et l'évolution de l'offre.
La transformation interne implique de repenser les compétences de demain et de former les talents existants. Par exemple, le rôle des chefs de produit va gagner en importance, car ils seront capables de créer des prototypes, voire de développer des produits simples, via des plateformes « no code » ou des applications web. Les développeurs verront leurs tâches évoluer grâce aux outils de génération de code, de débogage et d’automatisation des tests. L’objectif est d’adopter une vision positive de l’IA, en la considérant comme un prolongement de l’humain qui améliore la productivité. Il est toutefois essentiel de réglementer l’utilisation de ces outils, en particulier pour les jeunes talents, afin de s’assurer que les fondamentaux sont maîtrisés avant que l’automatisation ne prenne le relais. Le défi pour Artefact de rester unique dans un monde où la capacité à générer du code ou à créer des produits simples se généralise de plus en plus.
En matière de développement de produits, dans un contexte économique difficile, les clients recherchent de plus en plus des solutions qui apportent des gains de productivité concrets. Alors que l’IA générative a déjà permis des gains de productivité individuels (environ 57 minutes par jour selon une étude Artefact), l’agentique promet une valeur ajoutée bien plus importante au niveau de l’entreprise. Il ne s’agit plus seulement d’optimiser des cas d’utilisation, mais de repenser des processus entiers afin de réduire considérablement les délais et d’augmenter le rendement. Artefact ses clients dans trois domaines principaux : la structuration de programmes agentiques, qui consiste à identifier les domaines et processus clés, les catalyseurs technologiques et à soutenir la transformation humaine ; la mise en œuvre de plateformes pour permettre aux entreprises de créer des agents de manière supervisée et contrôlée ; et enfin, la refonte des fonctions, qui vise à soutenir la réorganisation de fonctions entières, telles que le marketing, pour une plus grande efficacité des processus.
Le marketing de demain : interaction, contexte et efficacité
Justine Nerce évalue le niveau de maturité actuel des services marketing, qui ont réalisé des progrès notables en matière de data , d'activation, de personnalisation et de mesure. Cependant, des difficultés persistent, notamment une saturation opérationnelle due à des tâches chronophages et répétitives, ainsi qu'une personnalisation qui reste souvent superficielle.
Dans les années à venir, le marketing devra relever trois défis majeurs. Premièrement, il devra rétablir un lien direct avec le consommateur. Grâce aux assistants IA, les marques ont une occasion sans précédent de se positionner directement face aux consommateurs, qui les utilisent pour rechercher, comparer et acheter. Deuxièmement, les entreprises devront passer du marketing de contenu au marketing d'interaction. La capacité de l'IA à comprendre le contexte global des interactions (par exemple, un client qui ne cherche pas simplement un canapé, mais qui « redécore son salon ») ouvre des perspectives de personnalisation plus poussée et de relations clients plus approfondies. Enfin, l’objectif sera de tenir la promesse d’un message pertinent, sur le bon canal, au bon moment. Les agents IA permettront de faire « 10 fois mieux, 10 fois plus vite et 10 fois moins cher », en particulier pour la production de contenu, qui est actuellement très coûteuse et chronophage.
Le professionnel du marketing de demain : orchestrateur d'agents IA
Artefactest convaincu que l'IA ne remplacera pas les professionnels du marketing, mais qu'elle viendra les compléter. Le professionnel du marketing de demain sera un orchestrateur et un gestionnaire d'une multitude d'agents IA. Son rôle évoluera, passant de l'exécution et de la production à l'orchestration, aux tests et à l'interprétation des résultats.
Deux grands types d'agents verront le jour pour prendre en charge ces fonctions. Tout d'abord, il y aura les agents de tâches, des agents de productivité individuels qui assisteront les spécialistes du marketing au quotidien, par exemple en créant des publications pour les réseaux sociaux ou en adaptant du contenu à différentes plateformes. Ils amélioreront l'environnement de travail de demain. Ensuite, il y aura les agents de flux de travail, qui auront un pouvoir de transformation en automatisant des processus organisationnels entiers, comme la gestion d'une campagne de A à Z, de la génération d'informations à l'analyse post-campagne, ou l'automatisation de la création de sites web à grande échelle. Ils permettront également de réaliser des simulations avancées pour optimiser les stratégies budgétaires et tester les campagnes.
L'adoption de l'IA : un impératif pour la transformation humaine
L'adoption d'agents IA n'est pas une option, mais une nécessité. De nombreuses entreprises constatent que leurs employés utilisent des assistants IA publics sans aucun contrôle, exposant ainsi l'entreprise à des risques data . Pour que cette adoption soit couronnée de succès, il est essentiel d'accompagner les employés. Une étude récente révèle que 51 % des employés estiment ne pas disposer des compétences nécessaires pour utiliser efficacement l'IA. Au-delà des formations descendantes, il est essentiel de créer des communautés internes pour discuter de ces sujets, d'encourager les échanges interfonctionnels et de créer des bibliothèques de prompts spécialisées afin de favoriser de nouveaux cas d'utilisation et de stimuler l'adoption. Il est également important d'engager un dialogue social pour discuter de l'impact de l'IA sur les compétences et les emplois, car l'IA peut avoir un impact social positif en allégeant les tâches chronophages et répétitives. Enfin, il sera nécessaire de mettre en place des formations internes pour redéfinir les compétences qui seront massivement touchées par l'automatisation.
En conclusion, l'émergence des agents d'IA dépasse largement le simple cadre technologique. Il s'agit d'un défi fondamentalement organisationnel, stratégique et humain, qui nécessite une approche globale et une vision claire pour guider la redéfinition du rôle de l'entreprise dans ce nouveau paradigme.
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