Résumé de l'intervention de Vincent Luciani, PDG et cofondateur d'Artefact, lors de la présentation de l'étude « L'avenir du travail avec l'IA ».

Le 7 février, dans le cadre du Sommet sur l'IA, Artefact le plaisir d'organiser un petit-déjeuner de travail exclusif au Cercle de l'Union Interalliée. Plus d'une centaine de participants se sont réunis pour discuter des défis et des répercussions de l'IA sur le monde du travail.

À cette occasion, Astrid Panosyan-Bouvet, ministre française du Travail et de l’Emploi, a souligné que l’IA constituait un atout stratégique pour les entreprises et les talents en France. Vincent Luciani, PDG et cofondateur Artefact, a présenté les principaux enseignements de l’étude « L’avenir du travail avec l’IA », menée en collaboration avec ODOXA auprès de 2 000 salariés français sur l’adoption de l’IA et son impact sur le lieu de travail, ainsi que de 30 entretiens qualitatifs avec des acteurs clés de la transformation par l’IA. Florence Bénézit, associée chez Artefact, a animé une table ronde avec Charles Gorintin (Alan), Stanislas Guerini (ancien ministre), Cristel Guillain (Natixis CIB) et Bruno Mettling (Topics) sur la transformation du monde du travail grâce à l’IA.

L'évolution de l'utilisation de l'IA

L'IA est utilisée dans les entreprises depuis des années, notamment pour la maintenance prédictive, la prévision de la demande et la détection des anomalies. Ces systèmes d'IA traditionnels ont permis d'optimiser les flux de travail et les processus décisionnels, améliorant ainsi l'efficacité sans pour autant remplacer directement des emplois. L'IA générative marque toutefois un tournant, car elle devient accessible à tous, permettant ainsi à chacun d'expérimenter et d'intégrer l'IA dans son travail sans nécessiter d'expertise technique.

L'adoption de l'IA et son impact sur la productivité

L'adoption de l'IA connaît une croissance rapide : 12 % des employés l'utilisent déjà au travail et 83 % s'en servent chaque semaine. L'étude a révélé que 92 % des utilisateurs sont satisfaits de l'IA, qui leur fait gagner en moyenne une heure par jour, voire jusqu'à trois heures dans certains cas. Les employés ont recours à l'IA pour des tâches telles que la synthèse de documents, la recherche et la création de contenu, ce qui améliore à la fois leur productivité et la qualité de leur travail.

« Les entreprises doivent miser sur la gouvernance, le partage des connaissances et la mise à niveau des compétences de leur personnel afin de tirer pleinement parti du potentiel de l'IA, tout en favorisant la confiance et l'innovation pour assurer leur compétitivité à long terme. »
Vincent Luciani, PDG et cofondateur d'Artefact

L'IA au service de la collaboration humaine

Contrairement aux craintes selon lesquelles l'IA favoriserait l'isolement, l'étude souligne qu'elle a renforcé les interactions humaines. De nombreux employés consacrent le temps ainsi gagné à des tâches plus collaboratives, ce qui améliore le travail d'équipe et la communication. De plus, l'IA permet aux travailleurs d'élargir leurs compétences, ce qui les rend plus polyvalents et mieux adaptés à leurs fonctions.

 

« Paradoxalement, l'IA, loin de nous éloigner les uns des autres, nous a rapprochés ; elle nous a recentrés sur l'humain. »
Vincent Luciani, PDG et cofondateur d'Artefact

Le rôle de l'IA dans le perfectionnement professionnel et la flexibilité de carrière

75 % des employés estiment que l'IA a élargi leur champ de responsabilités. Elle permet aux non-spécialistes d'acquérir des compétences plus rapidement, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de carrière. L'IA a le potentiel d'accélérer l'évolution professionnelle, rendant les employés plus adaptables et plus flexibles dans des secteurs en pleine mutation. Cependant, si les individus gagnent en efficacité, les entreprises ne tirent pas encore pleinement parti de ces gains de productivité.

Le passage d'une utilisation individuelle à une utilisation collective de l'IA

Pour que les entreprises en tirent pleinement parti, l'IA doit passer du statut d'outil individuel à celui d'élément intégré aux processus de travail collectifs. Les organisations doivent redéfinir la manière dont l'IA est mise en œuvre à grande échelle, en veillant à ce qu'elle constitue un atout collaboratif plutôt qu'un simple outil de productivité individuelle.

L'IA en tant que collaboratrice et l'essor des agents intelligents

Les entreprises commencent à considérer l'IA comme un partenaire de travail, grâce à des agents IA capables d'exécuter des tâches complexes de manière autonome. Ces agents pourraient améliorer considérablement les processus, par exemple en réduisant le délai d'approbation des prêts d'un mois à une semaine. Cependant, les entreprises doivent gérer cette transition avec soin afin de garantir une utilisation éthique et efficace de l'IA.

Automatisation et création d'emplois

Si l'automatisation basée sur l'IA prend de l'ampleur, elle crée également de nouvelles opportunités d'emploi. L'IA nécessitera une supervision humaine, en particulier dans des secteurs tels que le service client, l'informatique et les opérations administratives. L'étude montre que les entreprises qui mettent en œuvre l'IA créent actuellement plus d'emplois qu'elles n'en suppriment.

Instaurer la confiance dans l'IA

La confiance est un facteur déterminant dans l'adoption de l'IA. Alors que deux tiers des employés considèrent l'IA comme bénéfique, les non-utilisateurs restent sceptiques. Les entreprises qui favorisent la transparence et sensibilisent leurs employés au rôle de l'IA ont trois fois plus de chances de réaliser des gains de productivité. La mise en place de mesures de protection, le suivi des décisions prises par l'IA et l'instauration d'une gouvernance responsable de l'IA sont essentiels pour instaurer la confiance.

L'importance de la formation et de l'adoption

L'adoption de l'IA nécessite un apprentissage continu. À l'heure actuelle, la moitié des utilisateurs de l'IA n'ont pas suivi de formation officielle, et bon nombre de ceux qui ont été formés l'ont jugée insuffisante. Les entreprises doivent se concentrer à la fois sur le perfectionnement des compétences (apprentissage de nouveaux outils d'IA) et sur la reconversion professionnelle (préparation aux changements de poste liés à l'automatisation). Pour être efficace, la formation doit être pratique et intégrée au travail quotidien.

Réorganiser les structures d'entreprise pour intégrer l'IA

Les organisations doivent repenser la place de l'IA au sein de leurs structures. Des questions se posent quant à savoir qui supervisera les agents IA, définira leurs rôles et évaluera leurs performances. À l'avenir, les lieux de travail pourraient voir des agents IA intégrés dans les organigrammes, travaillant aux côtés des employés humains. Les ressources humaines et les partenaires sociaux joueront un rôle clé pour faciliter cette transition.

L'impact à long terme de l'IA sur le monde du travail

Les exemples historiques montrent que les progrès technologiques n'éliminent pas le travail, mais le transforment. L'IA a le potentiel de démocratiser l'innovation, en rendant l'expertise plus largement accessible. Bien que des défis subsistent, l'étude suggère que l'IA sera un outil d'apprentissage, de collaboration et d'amélioration de l'efficacité plutôt qu'un substitut au travail humain.

Discours d'ouverture de Mme Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail et de l'Emploi

Table ronde sur l'impact de l'IA sur le monde du travail, animée par Florence Bénézit